🔭 Que vendre si l'IA fait tout ?
Dans un monde où tout devient gratuit, qu'est-ce qui est cher ?
Imaginez. Vous êtes Starbucks et, grâce aux progrès de la technologie, vous pouvez automatiser la création de cafés.
Plus besoin de baristas à payer !
Plus de syndicalistes empêcheurs de tourner en rond !
Plus de productivité en cafés servis !
Plus de marges ! Plus de profits ! Plus plus ! 🤑
C'est exactement ce que Starbucks a essayé de faire ces dernières années.

Starbucks est pourtant revenu en arrière.
🦾 Entre une machine qui écrit parfaitement votre nom sur votre gobelet
✍️ et un humain qui l'écrit à la main (avec des erreurs)...
... les clients préfèrent visiblement l'humain qui fait des erreurs à la main. 😳
C'est contre-intuitif, mais non, pas forcément.
Cette anecdote est le point de départ d'un billet d'analyse économique passionnant qui a beaucoup fait parler de lui, sur lequel je vais me baser aujourd'hui.
Ce billet étudie à quoi pourrait ressembler une économie où tout est abondant. Si, grâce à l'IA, la nourriture, les biens de consommation, les services, tout est disponible en quantité illimitée à un coût quasi nul... alors qu'est-ce qui a encore de la valeur ? 🥲
À la recherche de la valeur perdue
Voilà ce que dit l'article en préambule :
Toute question sur l'économie future de l'IA avancée commence par identifier ce qui devient rare.
Si vous voulez comprendre ce qui aura de la valeur à l'avenir ("comment gagner de l'argent"), il faut comprendre ce qui sera rare.
Parce que ce qui est rare est cher. 💰
C'est ça la vraie question. Avec l'IA, on commence à se projeter dans un monde où on va tout pouvoir produire pour presque rien : nourriture, biens, services.
La veste Gucci grand public
Une veste Gucci, ça vaut dans les 4000€.

Pourquoi c'est cher ? Parce que c'est rare.
Pourquoi c'est rare ? Ici, c'est une rareté qui est construite.
Bullshit. 💩
Les machines pourront tout à fait créer des produits d'aussi bonne qualité si ce n'est pas déjà le cas.
Mais justement, votre réaction montre :
- Qu'on est sensible à l'histoire derrière le produit
- Qu'on est sensible au fait que ce soit "créé par des humains"
- Qu'on veut ce produit parce que d'autres le veulent
Personne n'achète une veste Gucci parce que c'est un meilleur moyen d'avoir chaud.
C'est exactement ce que dit Alex Imas dans l'article auquel je fais référence qui a fait le buzz.
Il cherche ce qui est rare quand rien n'est rare.
La réponse va vous étonner : avec une nouvelle technologie comme l'IA, la rareté existe toujours. En revanche, elle se déplace.
Il a d'ailleurs le meilleur argument : l'histoire.
Pourquoi on n'est pas tous fermiers
Au début du XXe siècle, 40% de la population aux US travaillait encore à la ferme.
Aujourd'hui, c'est moins de 2%.
Pourtant, il y a assez de nourriture pour tout le monde. Pourquoi ? Grâce à l'automatisation.
Quand nous devenons plus riches, nous voulons autre chose
C'est pareil avec les biens de consommation. On parvient désormais à les produire pour une poignée d'euros (coucou Shein & Temu). Si on met de côté les impacts environnementaux des colis notamment, on ne peut que constater : tout ça ne coûte plus rien.
Avec l'IA, ça sera pareil avec les services. Les Software as a Service notamment deviennent "commoditisés" : tout le monde peut recréer un service en claquant des doigts.

Quelque part, nous sommes beaucoup plus riches que nos ancêtres du début du XXème siècle. Nous n'avons pas besoin de passer tout notre temps à la ferme pour nous nourrir.
Alex Imas observe que, quand nous devenons plus riches, nous faisons d'autres choses. Nous voulons autre chose. Mais quoi ?
☝️ Mon analyse
OÙ EST LA VALEUR ? Voilà ce qui m'obsède, en particulier d'un point de vue entrepreneurial.
- Je pense à toutes les startups qui essaient de lancer des SaaS comme avant en espérant gagner beaucoup d'argent... pour soudainement se faire écraser par Claude qui peut faire ce service en claquant des doigts. 🫰
- Je pense aussi aux VCs qui continuent comme si de rien n'était... espérant revendre juste au bon moment, car ils se doutent que les entreprises ne seront pas viables à long terme.

Cette situation s'est répétée 2-3 fois ces dernières semaines, c'est une vraie tendance.
La réponse de Alex Imas, qui n'est pas sûr de lui mais qui a de bons arguments, est assez étonnante :